vendredi 21 janvier 2011

Elle danse avec son ours en peluche

Elle n'a plus vingt ans. Elle choisie entre deux éponges. S'essuie le visage. S'est trompée d'éponge. Utilise la vieille. Celle qui est déjà beaucoup plus sale que la poubelle qui la contiendra plus tard. Elle se dit "Je me demande comment mettre plutôt la poubelle dans l'éponge". Sa tête est sale. De plus en plus sale. Elle rentre sa tête dans la poubelle l'éponge à la main. La gauche ouvre le sac. La droite, avec l'éponge, vient à nouveau frotter sa tête qui se trouve encore dans la poubelle. "Nettoyer l'éponge avec sa tête", voilà ce qu'elle se dit. Nettoyer jusqu'au bout l'éponge de sa tête et la laisser tomber au moment crucial. Le moment crucial n'arrive pas. Sa tête est de plus en plus noire de sale. L'éponge ne désemplie pas. Une demi-heure passe. Elle a oublié sa peluche et ses yeux sont fermés.


Il pense. Il ne sait pas s'arrêter. Son cerveau regorge. Un bloc se forme. Elle l’atteint. Il ne répond plus. Il continue à essayer de dégouter sur la vie. La vie se remplie de blocs. Rien ne se lie. Il sape. Il sort. Aime les carottes crues. Mange des carottes crues. Mange tout ce qu'il peut. Pense au cru en général.

Elle digère. Saute sa tête. Le sac reste perché à son clou. Tout tremble mais elle voit juste. Le visage noir de sale. L'éponge disparaît. Elle ne veut plus en entendre parler. Elle n'écoute d'ailleurs plus rien. Elle se libère de ce qui reste. Elle tombe un peu mais sans trop.

JE FINI PAR ASSUMER QUELQUE CHOSE: le calme. JE FINI PAR CHERCHER QUELQUE CHOSE:

On est tous vraiment trop près du vide et quand on y pense on plisse un peu quelque chose en nous. Comme quand on essaie de regarder les choses toutes petites ou toutes grandes. L'ennuie nous embarque à la bonne heure. Malgré le léger mouvement opéré pour continuer à voir ce vide. Retenons un peu notre souffle et continuons à faire crisser nos dents. On produit et c’est toujours ça.

Certainement qu'il désire détruire ce qui lui plait. Tout ce qu'il aime, il le mange, le digère et le rejette. L'homme est un animal comme un autre: en plus con. L'homme est comme tous les animaux sauf qu'il est extrêmement con. La femme est conne aussi. Pas plus, pas moins. Sauf qu'il y a bien des différences entre les cons femmes ou hommes. Aucun animal ne rivalise.

La conne et le con ont une histoire, et ont des prénoms respectifs. Dire con et conne ne déshonore aucunement leurs personnes. Le con est la conne ont cherché le monde dans lequel ils voulaient vivre mais maintenant qu’ils le voient, ils ne semblent pas le reconnaître. Ils ne regrettent rien mais s’excusent beaucoup. Ce qui caractérise le con et la conne des autres individus réside dans le simple fait qu’ils hésitent, tâtonnent, se rétractent parfois et refusent trop souvent le bonheur.


Le con et la conne ouvrent la bouche et crient. Le con et la conne sont sûrs de parler. En attendant, ils crient. Ils s'essuient la bouche alors que le lavabo dégorge. Ils glissent de pièce en pièce. Pour le con et la conne, leur appartement est trop petit. Ils rajoutent des cloisons. On glisse mieux. Le coffre est rempli. La voiture démarre.

L'histoire sans forme prend l'espace quand même. Chercher le fond: non. Pas de fond. Tourner autour. Se coller aux surfaces pour construire mentalement la cellule.

-Je n'ai jamais autant parlé de ma vie
-Moi, c'est pareil

Un homme dans un bar prend la main de la femme. Lui demande: "Veux-tu me donner ta main?". La femme n'entend pas, ne répond pas. Puis elle Flippe. La femme flippe aussi quand elle comprend. Elle tend sa main. Il touche les doigts, retourne la main. Le bar fait plus de bruit que la femme. La femme est lucide et se dit: "Tiens en voilà un plus con que moi". Il lui dit qu'elle n'écrit pas. Elle dit qu'elle écrit. Il dit "Tout tes doigts sont pareils". Elle retire sa main.

Les hommes de ce bar sont froids mais s'embrassent tous. La serveuse souffre. Elle dit "J'ai autre chose à foutre". Les hommes ne sont pas contents, veulent de l'ordre. Ils se jettent sur les tables là où on ne reconnait plus les filles. Les enfants se définissent pas leur rire et leurs histoires d'amour. Un homme est pris au piège. Il écrit sur la table avec une des sucettes laissées sans propriétaire. Une barrière de Hot dog se forme autour de lui. Il mange un à un les hot dog. Les sucettes ne l’aident pas à écrire. Il voudrait que tous les clients du bar le reconnaissent. Un des garçons lui offre des roses sans y être. Le garçon porte son idée comme un costume. L’homme aime son panache. La lettre se referme et l’homme s’expédie.

La femme se loge dans une doublure. La femme sait qu'elle serait partie s'il n'y avait pas l’homme. Ils se regardent. Il n'aime pas la femme. Ce n’est pas le problème. Le problème pour l’homme et la femme c'est de continuer à vivre. Il crie un peu sur la femme: "La main, c’est pas pour les chiens". La femme s'ennuie.

17 ans. John John parle à son scanner. Tout le bar s'éteint. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Depuis les voisins se transforment en canards. La femme en profite pour descendre les marches qui mènent à l'étage inférieur. Les toilettes. On lui annonce que des gens sont morts comme ça. La femme croit aux coïncidences et se demande bien si son moment est venu. Elle ne le provoque pas. Elle rampe.

Peu concentrée. Elle reste tout de même sur son cas. Tout ce qui l'entoure lui semble différant d'elle. Là, la femme évolue. Elle ne rappellera aucun numéro. Elle voit son propre gouffre. Il y a plus con. La femme est normale. Ou les autres sont normaux. Transfrontalière, la femme s'agglutine devant le miroir qui lui fait face. Elle se regarde de près. Elle n’est pas seule. Elle respire. Personne ne s’est encore rendu compte. Elle claudique un peu. La femme ne s'est jamais vue si physique. Elle continue. Le bar se remplie et elle touche. Elle touche tout ce qui l'approche. La porte s'ouvre. Quelqu’un entre. Elle ne comprend pas d’où lui vient sa langue. Ils se retrouvent.

Il se demande comment être le plus clair possible. Il parle toujours et toujours le stylo avance. Quand il se rétracte ou arrête de parler, un signale apparait : une croix. S’il regarde trop ses doigts, la croix apparaît encore. Il continue à écrire. Non. Quand il retire ce qu’il dit ça ne fait pas de petites croix. Il s’en rend compte. Combien de temps il a entre chaque lettre. Combien de temps s’écoule entre chaque lettre avant que la croix n’apparaisse. Il mastique une paille tout en articulant un maximum « Ce que je crains, c'est ce qui m'arrive; Ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint». Garder le même rythme. Un rythme lent mais constant pour ne jamais avoir affaire à elle.

Les cheftaines voulaient se faire aimer. Le tout est en constante évolution. Les animaux déglutissent. Les lutins ont des regards d’extra-terrestres lobotomisés. Les hommes ont tous une bonne éducation. Ne reste plus que leur costume. Les uns écoutent et les autres parlent un à un. Les pistolets sont chauds mais non chargés. Les raisonnements chronométrés fonctionnent. La salle est maintenant partagée en deux groupes imperméables: ceux qui ne feront qu’écouter et ceux qui n’arrêterons pas de parler.

La femme est rangée dans le premier groupe, c’est l’homme qui le dit. Elle a les mains gelées et la tête rougie. La conversation à côté d’elle lui donne pourtant envie de réagir. Il est question de sauna et de filles nues au volant de voitures grises, noires ou rouges. Tous les hommes rient différemment mais ont le même rêve. Ça se défend.

L’homme au bar mâche ses mots. Elle reconnait ses mots aussi. Elle voudrait tout entendre. Elle baisse son visage et se concentre. S’essuie la bouche pour lui. Il fait aussi parti de ceux qui parlent. Elle le dévisage. Elle pense pantalon elle voit son pantalon. Elle veut s’agripper à sa ceinture. Fermement elle pense à glisser d’un monde à l’autre. De l’homme à la bouche de l’homme. L'Individu vient du Québec. En revenant il a quitté sa femme. 11 ans. Elle a tout entendu. Les rôles sont inversés. Elle l’appelle « le con » et veut qu’il la suive. Pour le moment, rien ne se présente.

La capacité de se lever et de partir. Elle sait qu’elle pourrait partir quand on l’oublierait. Elle ne se reconnait aucune légitimité à aucune place. Elle construit d’autres murs. Que personne ne voit comme elle part, encore. Surtout pas l’homme. Et l’homme voit tout. Surtout ce qui fait mal. Elle pense mais ne bouge pas « je suis mon propre espace, je peux y voir ce que je veux ». Inconsciemment elle tourne sur elle-même.

Bonheur, santé et covoiturage. Est-ce qu’il y a marqué bonne poire sur mon front ? Il a fallu comprendre que crier ne signifiait pour lui parler fort. La patience ne se caractérise toujours pas. Y a-t-il de la saveur dans le blanc d'un œuf?

Bien net et défini. Aucune personne de s’alanguit maintenant. Tous le monde est à son poste. L’homme chevauche une bière géante. Il ne sait plus ce qui est bon pour elle. Elle pense que dans la douleur on arrive à une plus grande vérité. Elle l’a lu. Elle lit énormément depuis qu’elle tient sa boutique de livres d’occasion. Peut-on manger ce qui est fade et sans sel? L’homme vient souvent la voir. Toutes les personnes extravagantes du quartier viennent. Elle cherche. Son animal est une porte de sortie. Elle trouvera le moyen de devenir ce qu’elle est. Le dégout arrive

On les anime. Chaque personne devrait avoir une profusion. Il dit « bonne nuit ». S’en va. Son visage s’est apaisé. L’homme a retrouvé son allure de jeune homme. Attrape des boutons et prend le métro. L’homme a une idée de l’art et compte la partager. Il parle à une autre. Entre leurs mèches respectives ne passe plus qu’un regard, une plante et des croissants. En retard. Les enfants n’attendent plus. Ils sautent, rient, s’affolent toujours. Sont toujours heureux d’arriver. Elle n’y pense pas et l’homme parle discrètement. La rame de métro raisonne aussi. On se disperse à chaque arrêt.

Elle reste assise. Le banc durci au fur et à mesure que le temps passe. Elle en est dépendante. « J’ai peur de ne pas pouvoir faire les choses. Je ne fais pas les choses. Je ne veux pas penser. Je veux tes idées. Je ne veux pas mon corps à accepter. Je veux ton corps et je l’accepterais de fait. Je veux que ce corps se transforme. Je le veux. Je veux qu’il puisse être bête et homme à tout moment. Je veux le décider. Je prends le journal que l’on me tend, je lis un livre quelconque et je trouve des réponses. J’oublie les réponses. Je pense toujours au même. Mon esprit est sec ». Elle pense qu’elle continuerait à le regarder jusqu’à qu’ils soient arrivés.

Alors que le métro avance toujours, alors qu’ils ne sont toujours pas arrivés. Ils partagent un verre de mauvais whisky. Les chiens sont tenus dans les bras des gens qui observent. Tout le monde s’observe. Tout le monde n’a pas un chien sous le bras. Tout le monde pense qu’il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Il dira « Tu compte vraiment beaucoup pour moi ». « Oui » répondra-t-elle. Elle pensera que tout ça n’est que mensonge. Un jour elle avait pensé avoir enfin trouvé un être en qui elle aurait confiance. Dès le premier abord, il lui avait paru être cet homme. Jamais elle n’avait entendu quelqu’un parler aussi habilement, elle l’écoutait attentivement. Le con a toujours commencé ses phrases par « Non », même confirmant. La femme ne s’en est pas tout de suite aperçue. Maintenant, alors que la conversation bas son plein, elle désespère. La conne a des idées sur l’art et tente de s’expliquer.

Il joue à ne pas la voir. Il continue de ne pas la regarder. Il est de plus en plus motivé parce qui lui échappe. Il ne croit pas jouer alors que ses doigts gèlent. Il ne sait plus se retenir et son visage chauffe de plaisir. La différence de concentration d’énergie est à son comble. Elle ne perd pas patience, il reviendra avant qu’elle ne parte et ce sera à nouveau le tout qu’il faudra reprendre. Elle essaie de ne s’accrocher à rien, appelle. Elle conçoit l’avenir, elle décide de ne pas y croire.

Il est bon d’avoir une idée un peu sur tout. Une idée sur tout pour mieux se contourner. L’homme était sensible et se servait de la femme comme d’un exutoire. L’homme travaillait pour une agence de crédit destinée à tous. Il travaillait dans un petit local vitré. Exposait ses dons de communication à tous. Il aimait compromettre, alors, il compromettait non seulement la femme mais désirait aussi compromettre toutes les âmes de sa ville.

Elle lit toujours, s’occupe, regarde des films. Il photocopie. Elle cherche à mettre de l’ordre dans son idée. Elle veut sortir.


dimanche 26 septembre 2010

premier couplet premier refrain

Je suis la somme de tout ce qui s'oublie en moi
je vous invite à m'oublier de même
vivons en harmonie vivons en Armani
continuons d'avancer dans le dénie total de ce qui nous habite
avançons sans mémoire

> refrain
Je suis aussi respirante qu'inanimée
heureuse et vivement stupide

PERMIS DE SE CONTREDIRE
Sich zu widersprechen erlaubt
SALIVER DU LYRISME
Speichel der Begeisterung produzieren

petite pincée d'amour

"J'aurais toujours voulu me souvenir de ce moment où nous avons traversé ce jardin tous les deux à travers les dalles de pierre encore humides de la dernière averse, boue et racines infatigables, j'aurais toujours voulu me souvenir de ce moment où j'hésitais, où chaque pas torturé conviait l'autre à plus de courage, j'aimerais toujours me souvenir de ton visage se retournant sur le mien t'assurant de ma confiance en toi et en la possible réussite de notre dessin, je veux te voir là figé comme un seul soleil encore éblouie par la confiance en nous,
je te suis je te suis là tout comme tu me manquais déjà quand tu te retournais, je voudrais te voir cabrioler dans les arbres accrocher cette douche de fortune, j'aimerais vivre encore la peur que tu ne tombes et me rassurer encore de ta conscience, te serrer là tout près de cet arbre, disponible, le sourire aux lèvres jusqu'au bout du bonheur et rincer de ton corps le mien, toujours je peux vivre ce moment aussi légèrement à chaque fois qu'il remonte, petits hameçons enlacés sous cet abri d'eau et de chairs, nos corps surpris associés là pour mémoire des possibles joies, et revivre alors le retour de nous, à mesure plus joyeux, l'émotion grandissante d'une trouvaille qui est nous, la peur disparue, je revis maintenant le tour de nous encore jamais éprouvé, plus dense encore que nos corps épousés: la conscience de toi."

jeudi 11 février 2010

révérences qui peut

LÉCHONS
NOUS


Il faut vraiment s'y mettre à fond là, vraiment se remplir le bide de tous les mots qu'on peut, tous les noms mots qu'on peut à se rassasier et faire fondre le reste qui n'est pas encore comestible parce que trop dur ou trop mou ou trop chaud ou trop froid, tout, tout y aller respirer les émanations de tout ce qu'on pourra y trouver, et creuser, creuser encore et soulever et soulever encore pour voir s'il ne resterait pas encore une petite chose à lécher dessous ou a sucoter jusqu'au trognon jusqu'à écœurement si on peut se remplir les poches de tout ce qui est imprimer, manger de l'écriture à même la bouche parfois, de bouche en bouche avaler le débordement de l'autre qui peut et sauve toutes peaux mortes qui peut jusqu'à fabrication, jusqu'à pouvoir se fabriquer le costume qui va, le patchwork qui va de peau de l'autre, toute la peau de l'autre assimilé en bouche jusqu'à débordement de nos corps jusqu'à épuisement de nos pores jusqu'à dissolution de nous, jusqu'à l'interaction complète des mots de l'autre en nous, de tous les autres, de tous les mots et plus en nous sans plus de nous que de possible je

Trois bouts d'improvisation d'mots




vidéo à partir de bouts de 3 performances.
à Syn-le-Nobles (La Maison des Arts)

à Dunkerque (La Plate-Forme)

en Allemagne (Le Mau CLub, Rostock).


J'ai essayé de traduire, dans ce petit montage, le temps jouant sur la perte de sens, le ratage de la parole dans la communication mais aussi une certaine angoisse du public, qui se prête dans le même temps à l'expérience et crée inconsciemment les conditions nécessaires au dialogue. Les improvisations n'ont pas comme volonté première de donner de la pensée, elles tentent de faire penser. La présence de mon corps comme objet de transfert pour l'autre.

video